Quel modèle pour une agriculture durable ?

Intervention de Serge MORIN lors des Rencontres d’été du Pôle Ecologique du PS le 26 Août dernier à Saint Ciers sur gironde

Pascal Deguilhem animateur

Nous devons confronter ces aspirations à celles des nouveaux entrants dans la communauté européenne. Pour revenir sur le terrain des Régions, les expériences menées sont intéressantes mais il faut pouvoir les multiplier, qu’est ce qui peut être soutenu et accompagné à ce niveau ?

Serge Morin, vice président de la Région Poitou-Charentes (Les Verts-Europe Ecologie)

Le résultat des aides de Jean-Pierre Raffarin comme président de  ma région ,c’est que les trois quarts des captages ont été fermés pour cause de pollution. La crise laitière est très forte chez les grands producteurs qui ont cru à l’industrialisation hors-sol et à l’importation d’intrants.

On espère que la gauche va gagner en 2012 car la Région ne peut pas seule pallier à tout avec le peu de budget qu’elle a à consacrer à l’agriculture.68 millions d’euros vont à l’agriculture ,soit 10% du budget de la régionl.

Nous avons essayé d’agir à plusieurs niveaux. Nous sommes entrés dans le capital de la Safer et lui avons proposé de stocker du foncier pour l’installation à chaque fois qu’il y avait des terres disponibles à la vente. Nous payons les frais financiers et nous avons un droit de regard sur la rétrocession. En 6 ans nous avons stocké 550 hectares pour installer les jeunes.

Nous avons mis en place un établissement public foncier régional dans lequel nous avons inscrit un droit de préemption pour raisons agricoles et environnementales.

Nous avons en tant que Région un droit de regard sur les Scot, nous nous battons contre l’étalement urbain et pour refaire de l’agriculture péri-urbaine. Nous souhaitons avec les collectivités acheter du foncier et nous avons mis à l’étude la création d’une Agence foncière.

En 2004, nous avons arrêté de financer les chambres d’agriculture car leur modèle ne correspondait pas au notre. Les financements ont été basculés vers « Bio impact » et « Terre de lien ». Nous sommes parfois allés jusqu’à financer directement du foncier, du transport de bétail, voire le bétail lui-même.Nous avons mis en place des magasins paysans, des laiteries pour produits laitiers équitables et solidaires.

Concernant la PAC, nous souhaitons qu’elle puisse être adaptée aux spécificités régionales avec des critères tels que l’emploi ou les unités de main d’oeuvre, le lien au sol, la valeur ajoutée, la qualité (le bio, le durable, la paysanne mais pas l’agriculture dite « raisonnée » car il faut regarder le bilan éco-énergétique, social et économique).

Nous avons essayé de privilégier l’élevage en mettant en place une surprime à l’équipement en bâtiments avec la condition de ne pas acheter ni de produire des OGM.

Nous avons essayé d’approcher la multi-fonctionnalité de l’agriculture par l’agro-tourisme dans les territoires et les contrats de territoires.Depuis peu, nous installons des magasins paysans en milieu urbain, nous souhaitons acheter une laiterie pour faire des produits laitiers équitables et solidaires.

Au lieu de donner de l’argent aux lycées pour les repas, nous souhaitons les doter de produits directement afin de mettre en place des circuits courts plus organisés. Nous avons ainsi conditionné les aides aux lycées en fonction de leur politique volontariste.

Ce que nous attendons en 2012, c’est le fléchage des aides publiques : ceux qui font le choix du système libéral, notamment à l’échelon international, doivent en assumer le risque et agir sans aides publiques.

Il faut réinvestir dans la recherche et la formation. Au niveau national, il faut sortir des systèmes des interprofessions, ils n’arbitrent presque rien, quand tout va bien ils le constatent et quand tout va mal ils ne font rien, c’est toujours l’agroalimentaire et les filières qui s’en sortent et pas les producteurs et les consommateurs qui sont au bout de la chaine. L’Etat ne joue pas son rôle.

Au niveau européen, il faudra pouvoir définir des prix moyens européen en fonction des moyens financiers des familles pour accéder à l’alimentation.Sur la production intensive du bio, il y a un exemple en Russie, avec un élevage bio depuis 40 ans, nationalisé, qui gère la complémentarité entre avoir un élevage et avoir des terres, qui fait de la rotation d’assolement pour maîtriser les mauvaises herbes, qui fait de l’apport pour les plantes à partir de la fumure des animaux.

Le futur débat en Europe sera financier, est-ce-que l’enveloppe va rester la même ? Si oui, avec le nombre de pays il sera impossible de continuer à aider les céréaliers de la Beauce.Sur l’aspect de la qualité de l’alimentation et des circuits de distribution, ce sont les consommateurs qui doivent agir.Même si on a un Etat Sarkozy, beaucoup de collectivités sont gérées par les élus de gauche. Il faut prendre des risques à l’encontre de l’État dans toutes les collectivités que l’on possède et on verra bien si les préfets annulent nos délibérations.

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