Compte rendu de la Rencontre de la délégation palestinienne au Conseil Régional

Sur proposition de deux associations charentaises, Femmes Solidaires et l’Association France Palestine Solidarité 16, le groupe EELV du Conseil régional a reçu le 17 juin Mona et Katia OWDA, deux militantes non violentes Palestiniennes

Mona OWDA est née en 1964 dans le camp de réfugiés de Balata.

Elle rejoint dans les années 80 le mouvement des droits des femmes à Naplouse.

Comme militante de base, elle prend part au soulèvement du peuple palestinien au cours de la première Intifada.

Elle est aujourd’hui responsable de la maison des femmes dans le village de Irtah près de Tulkarem, ainsi que membre du Comité exécutif de l’Association pour la réhabilitation des femmes rurales.

Elle est également un membre actif dans les comités populaires contre le mur et de la colonisation.

Mona, est mère de cinq ans. Elle travaille au quotidien avec son mari sur leur ferme maraîchère biologique entre le mur d’annexion (qui leur a volé les 2/3 de leur exploitation) et une usine de produits chimiques israélienne illégale.

Katia OWDA est née en 1987, elle est la fille aînée de Mona.

Cette jeune femme mariée est étudiante en histoire géographie. Elle est militante de la cause palestinienne à l’université et auprès de jeunes et des femmes de son quartier.

L’Agriculture concerne une bonne partie des palestiniens, malgré une grosse proportion de personnes diplômées, (pays arabe ayant le meilleur taux d’alphabétisation)  c’est la seule activité permise par Israël. Les techniques modernes sont utilisées, toutefois des tendances apparaissent depuis plusieurs années à utiliser pour l’agriculture biologique : mais des contraintes énormes existent  : le mur, zones industrielle, problèmes pour la commercialisation des produits.

Exemples : il y a 5 ans, un projet a été financé, sur le secteur de Tulkarem,  Israël est intervenu pour empêcher la vente des produits, pas d’autorisation d’exportation. La circulation des personnes et des produits passe obligatoirement par Israël du fait de l’occupation. Ceci vise à détruire toute activité économique locale, importation de produits d’ailleurs via des grandes surfaces avec des légumes bon marché qui viennent d’ailleurs et les agriculteurs peinent à commercialiser localement ou doivent vendre à perte.

L’exploitation de Mona : toutes sortes de légumes,

Elle possède le domaine agricole depuis son mariage depuis 25 ans, son mari a été emprisonné durant la première Intifada, Depuis la construction du mur le terrain a été un terrain d’entraînement de l’armée israélienne, cela a été difficile de le conserver, le mur a commencé là et les espaces sont réquisitionnés.

Suite à la première Intifada, des israéliens ont porté plainte auprès des tribunaux vis à vis d’une usine chimique coté israélien, depuis l’usine est du coté de Tulkarem. Des personnes développent des cancers dans le secteur, la zone industrielle a doublé de volume:  fabrication de détergeant, insecticides, en 92 -93 une poussière s’est dégagée de l’usine, tout a brûlé. Les Palestiniens ont récupéré un peu de poussière pour faire analyser, les résultats n’ont pas pu être diffusés.

La ferme est coincée entre le mur, une décharge et l’usine.

Comment avoir réussit à garder le 1/3 de terre qui reste ? L’exploitation a subi trois étapes de destruction, la première en 1995, ils ont lutté, l’armée est venue ensuite avec du matériel lourd pour détruire les cultures, en 2000 la même chose, car entre temps la famille est retournée exploiter et cette fois arrêt des circuits d’eau. Ils sont retournés exploiter avec des difficultés d’irrigation d’où de grosses difficultés financières et  en 2003 Israël a déclaré la zone militaire pour construire le mur, on leur a laissé en réalité un tiers de l’exploitation. Pendant un an et demi ils n’avaient plus accès à l’exploitation, ils étaient dans un tel désespoir, qu’ils sont allés couper les grillages, et sont retournés exploiter en catimini, ont mené une action en justice qui a abouti à un retour du  1/3.des terrains.

La construction du mur est considérée comme une deuxième Nakba (catastrophe), derrière l’argument de la protection. Le mur a spolié les terres, divisé les villages, divisé les terres agricoles, empêche l’accès à l’eau. La construction du mur. C’est une façon de détruire la Palestine, car cela détruit l’économie, supprime les emplois, les familles se retrouvent sans ressources. Avec le mur, la Palestine est devenue une vraie prison, c’est inimaginable de voir sa maison, son village coupé en deux.

Le rôle des femmes :

Elles ont été contraintes de trouver d’autres sources de revenus : artisanat, agriculture.

L’association de Mona : au départ un groupe de femmes pour réfléchir à comment aider les autres femmes du village, depuis 12 ans, et depuis 3 ans elle sollicite des organismes internationaux pour avoir des aides : aides aux familles : jardins familiaux, grâce aux aides elles peuvent acheter des chèvres aux familles pour l’auto alimentation,

Un Bâtiment pour l’association a été construit avec un financement du gouvernement palestinien, et un  partenariat avec une ONG internationale. L’association permet des activités de formations et d’ateliers à destination des femmes, des moments de rencontre et faire prendre conscience des actions à mener pour avoir une réelle stratégie afin d’aller vers l’autonomisation et sortir de l’assistanat. Beaucoup de femmes militantes, impliquées à tous les niveaux, politiques, économiques.

La génération de Katia est la troisième génération sous occupation: comment les jeunes peuvent voir des perspectives ?

Katia est étudiante militante, elle constate un désespoir chez les jeunes, Katia continue d’y croire, et voudrait faire comprendre aux autres jeunes qu’il faut agir et résister. Ils mènent une campagne pour sensibiliser sur « l’illégalité » des produits des colonies, soumis à aucun contrôle et vendus uniquement dans les territoires, campagne des étudiants auprès des habitants et des commerçants, les boutiques affichent quand ils boycottent les produits, cela créé une espèce de solidarité.

Katia a du changer d’université : elle fait partie d’une branche du parti communiste palestinien, elle souffre de certaines contraintes notamment pour obtenir sa bourse. Elle voulait aller dans une université pour faire du journalisme. Cela a été très contraignant, elle a du changer.

Le rôle que pourrait avoir le Conseil Régional  :

Faire connaître, soutenir, coopérer ?

Marie Paule JAMMET

 

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